Étude de cas : violation du droit au secret des communications

Gros plan de mains utilisant un smartphone pour illustrer la violation du secret des communications.

Introduction

Le Tribunal d’Instruction n° Dix-Huit (18) de Séville (Procédure préliminaire numéro 1987/2018) a rendu une ordonnance datée du 22 octobre 2018 autorisant les agents du Groupe d’Enquête du Commissariat de Police Nationale de Triana à accéder et à analyser les informations contenues dans les téléphones portables saisis auprès du P.C.C. Plus précisément, il est autorisé à examiner l’application WhastaApp, l’application de messagerie et la galerie d’images des trois terminaux.

Extrait de l’affaire

Le P.C.C. est accusé d’avoir commis deux crimes : vol avec violence et fraude. Pour la consommation de ces actes, il est allégué que le P.C.C. a procédé à narcotiser la victime, M.A.C.H, pour ensuite lui voler de l’argent.

D’après les déclarations de la victime, on peut déduire que le P.C.C. et une de ses amies étaient chez la première dans l’après-midi du 10 septembre 2018, en train de boire quelques verres de champagne ; et que la chose suivante dont il se souvient, c’est d’avoir été réveillé par la dame qui fait le ménage chez le déposant, puisqu’il était allongé par terre dans son salon.

Après cela, il a été transféré à l’hôpital Virgen del Rocío, où les examens appropriés ont été effectués et il a été confirmé qu’il présentait des substances toxiques dans son corps (benzodiazépines), ainsi que des blessures mineures dues à son allongement de temps.

Lorsque la victime rentre chez elle, elle se rend compte que plus de quatre mille euros lui ont été volés et qu’il avait rangés dans sa chambre.

Le prévenu et la victime étaient des connaissances, et tous deux admettent avoir eu des relations sporadiques, donc la présence des empreintes digitales de P.C.C. au domicile de M.A.C.H. ne serait pas surprenante.

Après l’arrestation du P.C.C., plusieurs effets et documents sont saisis afin de déterminer s’ils sont d’intérêt pour clarifier les faits. D’après les effets saisis, il est clair qu’il existe des indications pour envisager la participation des personnes enquêtées à d’autres actes criminels identiques à ceux survenus dans ce cas précis. L’objectif est d’analyser les appareils mobiles de P.C.C pour vérifier s’il a utilisé le même mode opératoire avec d’autres personnes.

Droit au secret des communications

Le droit au secret des communications est un droit fondamental que la Constitution inclut à l’article 18.3 : « Le secret des communications et, en particulier, des communications postales, télégraphiques et téléphoniques est garanti, sauf décision judiciaire. »

Ce droit est garanti tant qu’il n’existe pas de décision judiciaire qui découle qu’il soit nécessaire d’accéder à de telles communications pour faciliter la clarification des faits. Cependant, la Constitution espagnole inclut dans son article 120.3 l’obligation que les jugements soient raisonnés : « Les jugements doivent toujours être raisonnés et prononcés en audience publique. »

Cependant, dans l’affaire en question, l’ordonnance de la Cour d’instruction de Séville ne fournit pas d’arguments suffisants pour justifier la nécessité de violer le droit que le P.C.C. a de ne pas avoir accès à ses conversations et autres informations contenues sur son appareil mobile.

Motifs juridiques invoqués dans l’ordonnance

Le magistrat qui a émis l’ordonnance présente les arguments suivants pour autoriser les agents du groupe d’enquête du commissariat de police de Triana à accéder et à analyser les informations contenues dans les téléphones sur écoute :

« PREMIÈREMENT. – L’article 588 série A et B de la loi de procédure pénale établit la nécessité d’obtenir une autorisation judiciaire pour accéder aux informations des dispositifs électroniques saisis aux personnes enquêtées, soit lors d’une perquisition domiciliaire, soit de toute autre manière légitime, et la décision judiciaire doit contenir les raisons légitimant cette mesure. Dans le présent cas, trois téléphones portables qu’elle possédait et activés avec des lignes téléphoniques sous contrat par la partie enquêtée elle-même ont été saisis en possession du P.C.C. enquêté, à l’occasion de son arrestation, ces appareils étant à la disposition de ce tribunal, sous la garde du Groupe d’Enquête de la Cª de Triana. En conséquence de ce qui a été indiqué jusqu’à présent dans les indices que l’enquêté a pu perpétrer des crimes présumés de VOL AVEC VIOLENCE et de FRAUDE contre trois personnes différentes, des hommes, utilisant toujours le même mode opératoire, consistant à les rencontrer pour maintenir un contact sexuel et administrer une substance neutralisant leurs capacités cognitives et volontaires, et ayant également pris possession de documents faisant référence à d’autres victimes potentielles, il est tout à fait raisonnable de penser que dans les appareils mobiles saisis, il pourrait y avoir des informations sur les contacts effectivement établis avec ces personnes et même avec d’autres victimes qui pourraient révéler la perpétration d’actes similaires, de sorte que la mesure d’enquête demandée est considérée comme justifiée. Et considérant en outre qu’elle respecte les principes directeurs de spécialité, d’adéquation, d’exceptionnalité et de nécessité mentionnés à l’art. 588.bis.a., l’autorisation de sa pratique est appropriée, selon les termes établis dans cette résolution. »

Des infractions. Appels

Comme cet arrêté concerne un droit fondamental reconnu à l’article 18 de la Constitution espagnole, il doit être considéré comme sensible. En conséquence, et conformément à la doctrine de la Cour constitutionnelle et de la Cour suprême, il est déduit que l’action judiciaire doit être davantage conforme au principe de légalité ; car si ce n’était pas le cas, cela signifierait l’annulation de la procédure.

In Diem Abogados, en tant que défense du défendeur, considérait que les mesures suivantes étaient nulles et non avenues

5.1 NULLITÉ DE LA MESURE D’ACCÈS AUX DONNÉES TÉLÉPHONIQUES. VIOLATION DE L’ARTICLE 588. BIS. Un LECRM. VIOLATION DE L’ARTICLE 18 CE.

On fait référence au principe de spécialité, car il exige que les mesures décrétées fassent référence à un crime spécifique et non à découvrir les actes criminels de manière générale et indiscriminée. Cela signifie que si une autorisation judiciaire est accordée pour l’enquête sur un certain acte criminel, il n’est pas possible d’enquêter sur différentes infractions criminelles par le biais de celle-ci.

Cependant, cet ordre fait référence à des individus indéterminés et non nommés ; et elle ne mentionne aucune mention du lien entre les sujets enquêtés et les actes criminels spécifiques contenus dans ladite résolution.

De plus, en ce qui concerne le principe d’adéquation, la LECRM exige que la mesure soit liée à l’enquête sur un crime spécifique et que les mesures d’enquête technologique ne puissent être autorisées pour prévenir ou découvrir des crimes ou dissiper des soupçons sans fondement objectif, comme c’est le cas dans ce cas précis, lorsque la mesure d’intervention a été autorisée sans aucune fondation ou fondement objectif.

Sur la proportionnalité, on soutient que la limitation du droit fondamental n’est appropriée que s’il n’existe pas d’autre alternative moins contraignante permettant d’atteindre le même objectif. Dans ce cas, puisqu’une corrélation spécifique entre les sujets, les dispositifs, les indications, les faits spécifiques et la peine n’est pas déterminée, la justification de la proportionnalité n’est pas pleinement remplie.

Enfin, il est établi que les mesures adoptées doivent respecter les principes de nécessité et que l’exceptionnalité ne sera justifiée que lorsque d’autres mesures moins contraignantes pour les droits fondamentaux de la partie enquêtée ne sont pas disponibles pour l’enquête et lorsque la découverte du fait en cours est sérieusement entravée sans recours à cette mesure.

L’appel soutient qu’il existe des mesures moins contraignantes pour les droits fondamentaux de la C.P.C. et que la pratique de cette mesure ne conditionne pas la découverte du fait fait examiné.

5.2 NULLITÉ DE LA MESURE D’ACCÈS AUX DONNÉES TÉLÉPHONIQUES. VIOLATION DE L’ARTICLE 588. BIS. B LECRM. VIOLATION DE L’ARTICLE 18 CE.

L’article 588 bis.b LECRM régit en détail les exigences de la Demande d’autorisation judiciaire des mesures d’enquête affectant les droits de l’article 18 CE.

Cependant, la Demande d’autorisation judiciaire par la Police judiciaire contrevient aux dispositions de cet article, car elle ne contient pas le contenu légalement établi et ne contient pas :

  • Une description détaillée du fait sous enquête et de l’identité de la personne sous enquête ou de toute autre personne concernée par la mesure, à condition que ces informations soient connues.
  • Une explication détaillée des raisons justifiant la nécessité de la mesure, ainsi que des signes de criminalité apparents au cours de l’enquête avant la demande d’autorisation de l’acte d’ingérence.
  • Données d’identification de la personne enquêtée ou accusée et, le cas échéant, des moyens de communication utilisés pour permettre l’exécution de la mesure.
  • La manière dont la mesure est exécutée

5.3 NULLITÉ DE LA MESURE D’ACCÈS AUX DONNÉES TÉLÉPHONIQUES. MOTIVATION ET EXIGENCES. VIOLATION DE L’ARTICLE 588. BIS. C LECRM. VIOLATION DE L’ARTICLE 18 CE.

Cet article régit les exigences qui doivent être remplies par l’Ordonnance de résolution d’autorisation judiciaire des mesures d’enquête affectant les droits de l’art. 18 EC, et il est constaté que l’Ordonnance du 22 octobre 2018 contrevient aux dispositions de cet article, puisque les points suivants n’apparaissent pas :

  • L’acte punissable fait l’objet d’une enquête et sa classification juridique, avec l’expression des indications rationnelles sur lesquelles la mesure repose. L’ordonnance ne précise pas les indications sur lesquelles la mesure est basée et ne fait référence qu’à la documentation trouvée, qui cependant n’a pas été analysée.
  • Prolongation de la mesure d’interférence, précisant son champ d’application, ainsi que les raisons de conformité aux principes directeurs établis à l’article 588 bis a. L’ordonnance mentionne que l’accès fait référence à la messagerie de l’application WhatsApp, de l’application de messages et de la galerie d’images, mais ne motive ni ne précise l’objectif de la mesure.
  • Forme et fréquence avec lesquelles le demandeur informera le juge des résultats de la mesure. Il n’y a aucune référence au juge de la mesure d’enquête concernant le délai maximal de la forme ni la périodicité de l’information.
  • Objectif poursuivi avec la mesure. L’objectif poursuivi par cette mesure n’est ni défini ni individualisé. De plus, l’ordre ne repose pas sur des données objectives, mais uniquement sur de simples conjectures et soupçons insuffisants pour motiver et étayer la question.

Conclusion

En résumé, la mesure d’accès aux données téléphoniques ne servira en aucun cas à clarifier les actes criminels allégués, puisque SSª n’a pas motivé le lien entre le crime en cours d’enquête et la mesure qu’elle a autorisée, qui n’a été demandée que pour dissiper les soupçons.

Elle conclut en alléguant que la décision contestée est nulle et non avenue car elle viole l’art. 588.BIS. A, B et C LECRM, le principe de légalité consacré à l’article 9 de la Constitution espagnole, les droits publics et libertés de l’art. EC, ainsi que le droit fondamental à la défense et une protection judiciaire effective consacrés à l’article 24.2 EC.

Cet appel a été accueilli par la Cour provinciale de Séville, le 28 novembre 2018, si bien que l’ordonnance du 22 octobre 2018 a été déclarée nulle, laissant l’autorisation qu’elle contient nulle. Par la suite, les dispositifs ont été restitués à la C.P.C. et à la destruction des rapports générés à partir des analyses menées jusqu’à ce moment.

Par conséquent, l’affaire n’a été poursuivie qu’en ce qui concerne les faits dénoncés par le M.A.C.H.

Auteure : Sara Domínguez Ramos

Preguntas frecuentes sobre acceso a teléfonos móviles, secreto de las comunicaciones y nulidad de pruebas

¿Puede la policía acceder al contenido de un teléfono móvil intervenido?

La policía no puede acceder libremente al contenido de un teléfono móvil intervenido cuando la medida afecta a derechos fundamentales. Para analizar aplicaciones, mensajes, imágenes u otros datos personales suele ser necesaria una autorización judicial motivada y ajustada a la Ley de Enjuiciamiento Criminal.

¿Qué derechos fundamentales pueden verse afectados?

El acceso a un dispositivo móvil puede afectar al derecho al secreto de las comunicaciones, a la intimidad, a la protección de datos personales y al derecho de defensa. Por ello, la autorización judicial debe ser especialmente rigurosa cuando permite revisar WhatsApp, mensajes, imágenes o información privada del investigado.

¿Qué debe contener una autorización judicial para analizar un teléfono?

La resolución debe identificar el delito investigado, los indicios existentes, los dispositivos afectados, el alcance de la medida, la finalidad perseguida, la forma de ejecución y las razones por las que la medida es necesaria, idónea, excepcional y proporcional.

¿Qué significa el principio de especialidad en una investigación tecnológica?

El principio de especialidad exige que la medida se dirija a investigar un delito concreto y no a realizar una búsqueda general e indiscriminada de posibles delitos. No debe autorizarse el acceso a datos telefónicos para despejar sospechas genéricas o investigar hechos no delimitados.

¿Qué es el principio de proporcionalidad en el acceso a datos móviles?

La proporcionalidad exige valorar si la injerencia en los derechos fundamentales está justificada por la gravedad del delito, la utilidad real de la medida y la inexistencia de alternativas menos invasivas. Si puede obtenerse la información por medios menos gravosos, la autorización puede ser discutible.

¿Puede declararse nulo el acceso a un teléfono móvil?

Sí. Si la autorización judicial no está suficientemente motivada, no concreta el objeto de investigación o vulnera los requisitos legales aplicables, puede solicitarse la nulidad de la medida y de los informes o pruebas obtenidos a partir del análisis del dispositivo.

¿Qué consecuencias tiene la nulidad de una medida de investigación tecnológica?

La nulidad puede dejar sin efecto la autorización judicial, impedir el uso de la información obtenida, ordenar la destrucción de informes derivados del análisis y limitar la causa a los hechos que puedan investigarse con pruebas válidas e independientes.

¿Qué importancia tiene la motivación del auto judicial?

La motivación es esencial porque permite controlar si la medida respeta la legalidad y los derechos fundamentales. No basta con citar artículos legales: el juez debe explicar de forma concreta por qué el acceso al dispositivo resulta necesario en ese caso concreto.

¿Puede recurrirse una autorización judicial de acceso a datos telefónicos?

Sí. La defensa puede impugnar la medida mediante los recursos procedentes si considera que se han vulnerado derechos fundamentales, que faltan indicios suficientes o que la resolución no cumple los requisitos de especialidad, idoneidad, necesidad, excepcionalidad y proporcionalidad.

¿Por qué conviene defensa penal especializada en estos casos?

Porque las medidas de investigación tecnológica pueden condicionar todo el procedimiento penal. Una defensa especializada puede revisar la legalidad de la intervención, detectar defectos de motivación, solicitar la nulidad de pruebas y proteger los derechos fundamentales del investigado desde las primeras fases del proceso.

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